Témoignages

L’accueil et l’hébergement de personnes exilées restent plutôt méconnus. Vous avez partagé un peu de votre vie avec une ou plusieurs personnes exilées? Que cela reste un souvenir riche ou pénible, nous aimerions recueillir ici vos témoignages pour rendre compte du réel, du quotidien et du possible de ces pratiques. Bienvenus!

  1. J’ai accueilli xxx, mineur guinéen au début de l’automne. Il s’est installé dans une petite chambre mise à sa disposition…

  2. J’ai accueilli xxx pendant 2 mois. Le contact a été vraiment facile et je crois qu’on peut dire que nous…

  3. Nous avons hébergé XXXX pendant 6 mois. Aujourd’hui il habite dans son studio à Crest. Nous gardons de beaux contacts.…

3 réponses sur « Témoignages »

Nous avons hébergé XXXX pendant 6 mois. Aujourd’hui il habite dans son studio à Crest. Nous gardons de beaux contacts. Une relation à la fois distante et très forte, bien particulière en somme !
Pendant l’été, il était tout le temps à la maison, surtout dans sa chambre. Au début on faisait des petites sorties ensemble, il a rencontré les voisin(e)s, les ami(e)s et la famille. Puis il s’est fait ses propres amis et est devenu plus indépendant. Nous prenions occasionnellement les repas ensemble, parfois il nous préparait de bons plats qu’il laissait sur la table pour quand on revenait du boulo, la plupart du temps, c’était chacun sa popote. Nous payons la nourriture, mais ce n’était pas un gros budget (alimentation à base de patate, oignon, huile, sauce tomate ! ca va pas chercher loin!). Un jour il m’a demandé de l’argent pour s’acheter des vêtements. J’ai refusé et lui ai dit que ce n’était pas à moi de le faire.
Dès le début, on lui a demandé de faire des efforts sur la musique pas trop forte, le chauffage, prévenir avant d’inviter un copain, nettoyer la table, ect… il était conciliant et adaptable. La cohabitation n’a pas été sujet de tension. Il nous a rendu beaucoup de services et son séjour était ponctué de gentilles attentions, de grandes discussion à bâton rompu sur la vie et la politique; mais aussi
Quand il avait besoin d’aide administrative, médecin ou autre, je relayais ces besoins et d’autres personnes de l’asso s’en occupait. Je ne faisais que m’assurer que l’info était bien passée!
En septembre, quand il a commencé son CAP à la rentrée, il a pris confiance en lui pour finir par prendre son envol.
J’ai pas aimé: avoir l’évier bouché à cause de l’huile, la bataille contre la cigarette dans la chambre, quand il déprimait parce qu’il était inoccupé et ne trouvais pas de boulo à cause de son statut « irrégulier »
J’ai aimé: sa présence, son point de vue sur nous et notre mode de vie (assez cocace!), découvrir les ados d’aujourd’hui et les dernier rappeur, le voir grandir et s’améliorer, discuter de tout et de rien – être proche sans pour autant porter « le fardeau de son histoire », l’aide et la compagnie qu’il m’apportait dans des moments ou j’en avais besoin, avoir du relais quand j’avais besoin d’une pause ou de la chambre, rencontrer l’équipe d’Exilés et Crestois.

J’ai hébergé 2 autres personnes depuis.

J’ai accueilli xxx pendant 2 mois. Le contact a été vraiment facile et je crois qu’on peut dire que nous nous sommes bien entendus. C’était ma première expérience d’accueil de ce genre et je m’y suis pas mal impliqué (échanges, sorties, cours de français,)… peut-être un peu trop? Je verrai ça la prochaine fois!… Mais beaucoup de plaisir.
Ca a aussi été pour moi l’occasion d’engager avec xxx du bricolage et du jardinage qui trainaient depuis quelques temps… et de reprendre le vélo!
On dit souvent que la question de l’alimentation est importante, choc des cultures et tout… Là, même si xxx avait ses marottes, on a vraiment pu échanger et se concocter notre propre world-cuisine ensemble. Vraiment sympa.
Au chapitre du moins facile, le fait que ce jeune avait, on s’en douterait, ses états d’âme, ses coups de blues… C’est déstabilisant quand on accueille, car le jeune a beau parfois montrer des signes clairs de mal-être, il ne peut pas forcément tout partager, et il serait présomptueux de vouloir se mettre à sa place, de tout comprendre… Il faut faire avec cette différence, cette communication incomplète, lâcher-prise, ne pas vouloir tout sauver, tout réparer.

J’ai accueilli xxx, mineur guinéen au début de l’automne.
Il s’est installé dans une petite chambre mise à sa disposition et partageait avec une locataire le reste du rez de chaussée dans ma maison: WC, salle de bain coin kitchenette et cuisine d’extérieur.
Tout de suite, il s’est très bien entendu avec cette jeune femme mexicaine, lui préparant parfois un repas pour son retour du travail.
il a été très respectueux des lieux, très autonome également.
Je l’ai juste accompagné aux Restos du cœur pour son inscription, puis pour chercher son colis hebdomadaire.
Quoi que je fasse pour l’aider, aussi minime cela pouvait être, il était toujours plein de gratitude.
Nous avons passé du temps en apprentissage de l’alphabet, puis en déchiffrage de livre simple.
Très intelligent, sa mémoire vive captait très vite et en redemandait.
Il a quitté ma maison pour un internat en classe d’alphabétisation: il en était très heureux.
Il m’appelle à chaque vacances; en février il a été très fier de m’annoncer qu’il était accepté dans un nouvelle classe à Valence car il a fait de gros progrès. Ce garçon sait saisir l’opportunité qu’il trouve en France pour apprendre, nourrir sa soif de connaissances et certainement se construire un avenir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *